Fonds d'écran
_____________________________________

1280x1024 | 1024x768

1280x1024 | 1024x768

Musico-chronique
_______________________________________________________________________
FLH le 22 sept.08

    Mais qu'est ce que vous attendez pour allumer les fagots sous mes pieds quand ma réaction aux évènements est si lente... en Juin il y a eu le New Morning, magique soirée, gaie et bien pleine de musique et d’amitié. Comme Zicazic a fait un compte rendu très sympa et en plus agréable à lire, bien dans le style de ce site qui connaît si bien les concerts, les musiciens et les albums. Et pas seulement Bill, hein, mais dans la musique au sens le plus large !
    Et puis voilà les vacances, sans festival à vous annoncer et partager, donc un été de repos parisien, à jouir d'une ville vide, vivable, « piétonnable », c'est à dire facile pour la marche qu'on ne peut pas faire en forêt mais qu'on fait tout de même à Paris ! Maintenant, vous allez dire encore que l'été est fini, et qu'il faut penser à la rentrée ...
    Hé bien, on y a pensé !

    Bill est incapable de s'arrêter de jouer et de travailler, il en a donc profité pour cogiter les prochains concerts. En plus, il y a maintenant un attaché de presse spécialiste des radios qui a rejoint Alain Pons, avec un cd promo deux titres : Plus la peine de frimer et l'enfant est né, je vous dis ça uniquement par méchanceté, car il est totalement impossible de l'avoir : il n'est pas prévu pour la vente...
    Et puis il a fallu prendre un peu de temps de répétition, pour les concerts qui arrivent, à Montpellier d'abord le 9 octobre et à Marseille le 10 avec le Garden Blues Festival (avec aussi Karim Albert Kook le même soir), et ça, c'est une double bonne nouvelle, parce qu'on espère vous voir nombreux et aussi parce que toute la famille trépigne avant de partir, ayant été privée de concerts depuis Juin !!! Alors ça va aller assez vite, un vieux 806 plein de back line, des TGV qui seront bien à l'heure et deux concerts heureux... chaleureux, joyeux.
    Je vous dirai la suite un peu plus tard... au mois d'octobre ...

    N'oubliez pas eZIC pour acheter l'album et les autres albums introuvables. On m'a demandé si eZIC était aussi « équitable » qu'il paraissait, la réponse est OUI en grosse lettre, et même plus que OUI, un site de vente qui ne fait pas de bénéfices, mais aide ses artistes à ce point là, ça n'existait pas, et le voilà inventé et en pleine forme, car il tourne bien et attend pourquoi pas, votre venue !
    La suite au prochain numéro...

    En attendant, retour quarante années en arrière... Génèse

    Donc, le Général mourut le jour de l'ouverture : premier concert du Traditionnel Mountain Sound, le TMS. Grosse galère pour les 12 membres de l'association, et pour les amis autour qui avaient si bien préparé cette prise de contact avec les futurs membres ! Cette nuit là, pas un seul concert n’eut lieu dans toute la France, en quelque sorte les sorties n'étaient pas autorisées, qu’on comprenne ou non pourquoi, il fallait si plier.
    Il y avait beaucoup de monde sur le trottoir du 7, Rue de l'Abbaye, tout contre l'église Saint Germain de Prés, il y avait aussi du monde sur la petite Place Furstenberg, où se trouvait à l'époque une assez grande salle (environ 130 personnes) appartenant à l'église qui nous la prêtait et nous mettait en plus à disposition toujours gratuitement une pièce à quelques pas.
Pas de musique entraîna de petites tribunes où chacun pouvait refaire le monde, n'oublions pas que nous sommes en 1970, tout proche d'un mois de Mai qui vous vient à l'esprit, et qu'à ce moment là nous aimions tous nous exprimer et un peu nous étouffer en « discuteries ». Bon ! Si vous voulez ! Nous aimions bien nous gaver de mots, et surtout en gaver les autres. Et comme ce concert n'eut pas lieu, à la place, je vais vous situer ce TMS et ces Habitants, pour que vous puissiez ensuite tout bien suivre… si l'envie vous en prend.

    En 1968/69, une petite bande, dont Bill Deraime, était installée sur les hauteurs de Montmartre, les marches du Sacré Coeur et la place du Tertre, plus rarement sur la Place du Calvaire un peu trop tranquille d'ailleurs les habitants de cette place ne se laissait pas faire et quand le bruit leur montait un peu à la tête, ils aimaient bien jeter des seaux d’eau par leur fenêtre (je n'invente rien).
    En 68, l'équipée regarda Paris qui se révolutionnait, et en 69 rencontra les Hippies et les déserteurs américains (du Vietnam), voyageurs en balade dans une période jaillissante de possibilités et de libertés diverses (Bien avant les charters pour Katmandou, les Indes ou Bali). Beaucoup de musique, et de rencontres entre musiciens, Bill habitait rue Lamarck, faisait des études de kiné, avec deux autres joyeux garçons la bande s’étoffait, découverte de la vie en communauté oblige : les amis de mes amis.
    L’appartement, agréable, avec balcon, permettait à tout de monde de co-habiter plus ou moins ensemble, plus ou moins longtemps, apprentissage du vivre ensemble, qui deviendrait un symbole de l'époque, ce que personne ne savait encore. Le balcon permettait quelque fois à certain de monter sur le toit et de se laisser glisser pour entrer par la fenêtre : c'est ce qu'on pouvait appeler être bien allumé, plutot qu'un peu idiot.
    Il y avait Bill qui jouait de la guitare et chantait des blues traditionnels en anglais, Alain qui jouait du banjo, mais voulait jouer de la guitare électrique et qui transportait son ampli Vox dans le métro (il avait pu se l'offrir en mettant des prospectus dans les boites aux lettres, ce qui n'a l'air de rien du tout, au chaud devant son écran mais qui oblige la victime à marcher toute la journée), Lolo, et son frère, un chercheur sérieux et puis... du passage, mais vous vous mettez le coude dans l'oeil jusqu'à la main au moins si vous croyez que je vais vous raconter ce qui se passait en détail et circonstances.
    L'appartement tournait essentiellement autour de la musique, les soirées se passant le plus souvent à faire la manche Place du Tertre ou à boire des pots à la Crémaillère pour la plus grande joie des touristes qui, eux, s'imaginait voir devant leurs yeux ébahis une troupe de jeunes tout semblables aux peintres faméliques du début du XXème S ! Toutefois, il existait une sorte de sélection naturelle, pas question que n'importe qui fasse n'importe quoi, il était bienvenu de participer à l'ambiance coooooooooooool...

    Tous allaient le Mardi soir au Centre Américain du Boulevard Raspail, où se tenait un célèbre Hootenany où musiciens et comédiens passaient à tour de rôle, des amis de l'équipée hippique (!!!) dont certains Alain Combes et Olivier Proust devaient fonder avec Bill la free clinic de la rue de l’Abbaye, mais ça ce sera pour plus tard.
    Le centre Américain, en face du Raspail Vert où on croisait Sartre et Simone de, était une vieille bâtisse, genre hôtel particulier, un peu en ruine, mais incroyablement sympathique, avec un beau grand jardin et un toit où ceux qui voulaient de l'air pouvaient aller respirer. Il y avait une salle de spectacles, et sur cette scène, présentés par Lionel Rocheman (merci encore à lui), chacun pouvait venir et chanter deux chansons, après s'être inscrits en arrivant.
    De tout et de rien était ce spectacle : un pianiste black américain chantant à se casser la voix, tout en mangeant un sandwich au jambon, « Blues ain't nothing but a good man feelin' bad », motif pouvant servir de devise à bien des amis ensuite, un groupe de musiciens des Andes, avec des flûtes suraiguës, bien sur de bons guitaristes acoustiques, jouant au médiator ou aux doigts dans le genre « picking », comme Patrick DangVan, déjà Gabriel Yacoub, Youra Marcus et Phil Fromont au fiddle, Jean Jacques Milteau et Laurent Gerome, Alain Giroux... et Bill, bien entendu car après tout c'est son histoire que je vous raconte...
    Il ne composait pas encore en français, il était plongé dans des reprises de traditionnels, comme « John Henry... was a desperate little man , carried 2 guns everyday, he killed a man on the west virginian line... » et c'est sûr que la triste histoire de ce gars fascinait au moins par la voix de Bill qui la racontait, ou bien il chantait « take this hammer, carry to the captain », avec les hannnnnnnnnnnn de l'homme qui n'en peut plus de prendre ce foutu marteau... loin d l'Ouest de John Wayne, il faut bien le dire, ou même les aventures sinistres de Mrs Collins « Mrs Collins weep, Mrs Collins mourn ». On la voyait pleurer, la pauvre car Alain Dubest, le visage serré contre son auto harp, instrument qui a un son à donner le cafard à n'importe qui, quoique beau, jouait des notes fines et poignantes. Il y avait Mary Roadhes, avec un dulcimer, elle, c’étaient des chansons des Appalaches : on pouvait aussi avoir des bases de géographie, et c'était beau, en plus elle était tellement chaleureuse... et puis bien entendu, il y eut M.Owen Fite, qu'on prononçait à la française : monsieur Fite, comme dans frite.
    Là il faut faire une pause pour parler de lui : personnage extraordinaire, qui avait fui l'Amérique et la conscription pour le Vietnam en passant au Canada illégalement. Après avoir travaillé à cueillir des fruits et autres jobs improbables, il était venu en Europe ; comme le TMS était à l'époque assez connu aux USA par les hippies-routards, il avait débarqué un beau jour rue de l'Abbaye, une belle guitare Gibson sous le bras. Cette guitare il savait vraiment en jouer, et il chantait tellement bien dans le style folk protest-songs, tout en buvant du lait-kirsch (ça a l'air idiot, mais c'était bon) que bientôt il a été intégré à la bande...
    Bill est même parti avec lui en Hollande pour chercher une guitare qu'on lui avait promis... Hollande ? Allait-il vraiment chercher une guitare ? L'histoire ne le dit pas. Ni ne dit non plus ce qu'il est devenu...
    Il ne faut pas oublier Pat Woods et Cathy. Lui avait traversé en stop et en jouant de la gratte pour survivre tous les Etats-Unis d'Amérique, afin de réaliser son rêve, voir la baie de San Francisco, popularisée par une fameuse chanson (bien avant Clapton), là, devant une étendue d'eau qui finalement n’était qu’une étendue d'eau toute simple (il y avait le Golden Gate mais ça ne l'impressionnait pas), il avait enlevé ses baskets pour les balancer à l'océan le plus loin possible. Il ne lui restait plus qu'à repartir vers l'Est du pays pieds nus. A-t-il fini par trouver une paire de chaussures ? Il y a loin de San Francisco à Manhattan...
    Mais ? Au fait !! Je suis en train de vous en raconter trop pour une seule fois... je m'emporte !

    Certes « lui répondit candide, mais il faut cultiver notre jardin » ...
    Cultivons !
FLH


Contacts - Copyright ©2007 www.billderaime.com