Fonds d'écran
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Musico-chronique
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LA CIGALE, le 19 Novembre 2007.

Lundi matin, 19 Novembre, il faisait assez froid à Paris et il pleuvait un tout petit peu avec ce petit courant glacé pour bien frissonner et que certains aiment tant.
Depuis quelques jours, les grèves continuaient à se durcir, et la journée s'annonçait terrible pour tous ceux qui devaient aller travailler dans Paris, qu'ils viennent de banlieue ou de plus loin encore : pas de métro, peu de bus, la marche à pied au bout de près d'une semaine était un pis aller alors que la fatigue se faisait sentir à chaque instant davantage.
Les gares de banlieue, dans la nuit noire, le vent du petit matin quand on part de chez soi à 5h, l'attente, la foule et la pression des autres qui veulent eux aussi se saisir du véhicule à rails ; l'auto stop qui ne fonctionne que moyennement ; les heures pour parvenir à se glisser derrière son bureau, son comptoir, sa caisse ou quoi que ce soit, et le soir recommencer ce processus diabolique, insupportable, avec tout ce qui est derrière la façade du travail et qui rend la vie si terrible…

Pour Bill et les oiseaux : Mauro Serri, David Hadjdj, Stéphane Pijeat, Denis Ollive, et là également : JMK à la console de façade (ah ! qu'on comprenne les paroles, qu'on entende les guitares et la caisse claire, que soient ronds les sons de basse et étincelants les claviers… sans qu'une grosse caisse pâteuse embouteille l'ensemble.
Laurent Wendling à la console de retours, lui, il ne vous touche pas directement, mais s'il n'était pas là les concerts seraient médiocres : ni Bill ni les musiciens ne s'entendraient sur scène, et ce serait une ambiance à se retrouver plus ou moins ensemble (ne parlons pas d'être accordés !!) à la fin du morceau.

Pierre Moute, lui non plus, vous ne le connaissez pas sauf par de rapides passages sur scène, quand il vient aider Bill... il a le backline en main, c'est à dire les instruments : vous voyez l'importance de ce que je vous raconte ?
Et enfin, celui qui pour la Cigale (comme pour l'Olympia ou le New Morning) a toujours été là quand Bill l’appelait : Philippe Léger. Lui, vous voyez son travail puisqu'il éclaire le spectacle (je vous raconterai une autre fois les deux éclairagistes qu'a eu Bill : Wizz un ami de toujours, et Philippe donc, un ami de toujours aussi).
Hé bien pour Bill et pour tous ceux que je viens de vous présenter, « les zoiseaux », c’était Le Jour, le Grand Jour, leur Grand Soir attendu depuis des mois…

Quelle catastrophe, quel stress ajouté, une TSA (taxe au stress ajouté ) un excédent que tous auraient bien abandonné sur le bord de la route, y compris, et au premier chef, Bill qui a toujours le trac avant les concerts, spécialement à Paris.
Pourtant la préparation avait été bonne, des répétitions chez Music Live, assez nombreuses pour qu'une cohésion se crée entre les « anciens » et le « nouveau » Denis, qui n'avait joué qu'un seul concert, aux Nuits Peplum d’Alésia. Une quantité de bananes, de chocolat et de café raisonnable avait été ingurgitée, pendant qu'Adeline faisait le son pour que les zoiseaux soient confort au long des heures.
La dernière était déjà un jour de grève, mais elle avait été excellente, ce qui assurait un moral au beau fixe, avec le rêve -absurde- que les grèves seraient finies bien avant le 19 novembre...
Papotations en raccompagnant Mauro, même pas d'embouteillages ensuite pour traverser Paris : même pas mal !
Et puis le jour venu : grève, sur grève, amorcement de la grève des fonctionnaires rejoignant les transports, dés le soir du 19.

Tout avait été chargé la veille pour un départ en douceur le matin. Ce qui arriva.
Place pour le monospace devant l'entrée des artistes, rue des Martyrs Pierre était là, backline arrivé (merci Guillaume !), donc le montage était possible aussi sec ........

Même JMK était là avec Arthur, futur guitariste et si j'insiste lourdement sur son arrivée c'est parce qu'il y a bien longtemps JMK s'était trouvé dans des régions de Paris assez inconnues de lui et donc avait pris le train en marche pour la balance... je le plains encore ! Déchargement, arrivée de Stéphane qui voulait jouer sur sa batterie perso « pour la Cigale »... arrivée de David, qui vient toujours avec ses claviers au complet, et puis, et là ça se complique, il a fallu aller chercher Bill chez lui, avec ses deux guitares, dont la belle 12 cordes (encore une future historiette!) qui n'hésite pas à être très lourde…
Trouver un taxi et trouver le Graal était le même combat… le froid persistait, et beaucoup, vraiment beaucoup de taxis qui passaient avec des clients bien au chaud dedans, allant vers je ne sais quel rendez vous intéressant ou nul, alors que faire parvenir Bill jusqu'à la scène, ç’était ça l'indispensable... (qui a dit cette sottise : n' est indispensable ??? Idiot ! Grognon !)
Par chance, Bill n'habite pas très loin de la Cigale, donc aller le chercher à pied n'était pas le fond de la question, c’était le retour... Hélas catastrophique : pas de taxi au retour.
Bill de bonne composition et qui connaît par coeur la grève, marchait chargé de ses guitares, et oui les miracles arrivent : un taxi. Le temps de se jeter sous ses roues, et hop ! Cinq minutes après : La Cigale...

A partir de ce moment là, ça a été une jolie glissade douce rodée depuis des lustres, donc sans problème : des baby-sitters pour le son, un éclairagiste (non ! Pas un électricien !! Je vous dirai pourquoi un jour aussi !) , on était parfaitement chez nous, régisseur de la Cigale, personnel, tout bien et agréable... et souriant (j'ajoute que nous ne sommes pas tristes non plus).

Alors, et bien qu'aucune détente ne vienne rassurer Bill ou les zoiseaux sur l'état de la salle le soir, la balance s'est filée dans la paix : même les pédales fonctionnaient, car Bill a un sacré problème de pédales, il aime plus que tout une certaine TC électronique, dont le moule est cassé depuis que l'empire égyptien a chu.
Vous pensez bien que la fameuse pédale sait se faire désirer en buzzant par moment et à d'autres rugissant, et en ne faisant pas son boulot parfois : sans doute avait-elle reconnu dans Pierre (le voilà !) la voix de son Maître : elle ne bronchait pas. Mauro caressait avec soin ses guitares, les 3, la Takamine, le Dobro, et la nouvelle, la Taylor, avec son chifftir traditionnel, un dobro se doit de briller.
David jouait des airs totalement décalés pour faire rire, Stéphane avait fait le son des tambours avant l'arrivée de Bill. Denis faisait des apartés avec David pour échanger des secrets (non, je ne dirai rien) et accordait sa basse. Philippe Léger faisait des essais de lumières, des tentatives de fumée, pour embellir la lumière, lui donner une consistance évaporée...

Temps de balance très court en réalité, la voix de Bill, ses guitares, et les choeurs... une fois fait les sons de tous les instruments. Grâce aux 4 LE 400 l'encerclant (vous retrouvez Laurent), il s'entendait bien, pour ne pas sur-chanter (hurler pour s’entendre) mais chanter simplement.
Entre temps était arrivé Philip Laridan le tourneur, lui venait de loin, et en voiture... joyeuse entrée dans Paris, aggravée par un accident bénin mais bloqueur. Et voilà le moment où Bill va matthiasser est arrivé : repos, détente, relaxation même, en silence dans sa loge après avoir mangé de bonnes bananes.

Voilà partis les autres zoiseaux au cattering, il faut dire que les loges, à la Cigale sont sur plusieurs étages, une à chaque étage (ça fait les mollets des régisseurs), les rampes sont branlantes, qui tiennent avec un morceau de gaffo noir ou une belle ficelle beige, mais solides tout de même, enfin... on leur fait confiance.

Parce que la Cigale est la plus belle salle de Paris, fauteuils confortables mais pas assoupisseurs, promenoir des deux cotés de la salle pour bouger, balcon qui domine mais sans donner le vertige, et du rouge, et des ors, et des recoins, et des caches, et l'odeur de théâtre qui a vécu et en a vu de toutes les couleurs et de tous les sons...
Tout en haut, donc, on retrouve Didier et Philippe de tvonzeweb, ils étaient présents pour enregistrer le concert et ensuite avec Bill choisir des titres pour tvonzeweb , comme on s'entend tous comme larrons en foire (mais en vérité il n'y a pas de larrons là dedans) c'était parfait. Petit moment détendu avant de redescendre pour voir si les spectateurs avaient bravé tout ce que je vous ai raconté précédemment pour vous brosser le portrait des conditions grévistes et météorologiques...

Dehors, à 18h50, il pleuvait copieusement, une bonne pluie fraîche, celle qui trempe et donne de bons rhumatismes, et de bonnes angines, surtout quand on est affaibli par les heures de voitures collées, et le manque d'un bon thé bien chaud. La catastrophe allait-elle se produire ?

A suivre…

FLH


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