Fonds d'écran
_____________________________________

1280x1024 | 1024x768

1280x1024 | 1024x768

Musico-chronique
_______________________________________________________________________
FLH le 26 mars 09

« ETRE CE QUE JE SUIS, LA OU JE SUIS ............ »

    Mardi 24 Mars 2009 sera pour Bill un jour à noter dans ses tablettes personnelles.
    L'Ermite parisien est sorti de son antre : pour ne pas aller bien loin de chez lui, au New Morning, mais c’est tout de même dans un autre arrondissement.
    Une fois la frontière franchie (le plus difficile étant accompli), il a pu profiter de sa soirée... et il n'était pas seul : le NM était plein !
    A marcher un peu vite pour ne pas avoir trop froid, on arrive au NM tout chaud. Evidence : bierrette fraichette pour commencer et se remettre la tête sur les épaules (j'écris comme s'il avait traversé l'Alaska poursuivi par des ours blancs ou pas, qui auraient voulu lui faire un câlin).

    Il y avait hier soir, un programme inattendu, passionnant qui s'est avéré tenir toutes ses promesses... vous allez comprendre pourquoi rapido.
    C'était un soirée co-head, avec deux artistes sans première et seconde partie, donc chacun pouvant jouer assez longtemps pour qu'on prenne un vrai plaisir à entrer dans un univers à découvrir : voici pourquoi.
    AMAR SUNDI, première « head » de la soirée, à l'occasion de son nouvel album, avait une nouvelle voie à faire écouter, une grande ouverture à partir du blues mais sur un chemin très large et original.

    Bill ne l'avait pas entendu depuis longtemps et se souvenait de son blues passionné, mais là, Amar a fait musicalement amitié entre le blues et la musique de sa région d'origine : il est Touareg... un Homme Bleu.
    Je mets des majuscules, parce que quand on a vu une fois les Hommes Bleus du désert, dans leur incroyable dignité, dans leur paysage brûlant, et dans leur hospitalité sans concessions, on ne peut plus que parler d'eux avec respect et se réconcilier avec ce mot, fleuron du politiquement correct, la plupart du temps, donc vidé de sons sens.

    Cette appropriation de sa musique de racines et du blues est d'une originalité extraordinaire, très facile à assimiler pour des auditeurs européens, très simple en apparence à retenir... grand ouvert à nos oreilles.
    Sur scène Amar guitare électrique (à l'occasion une 12 cordes, un percussionniste, un clavier, un bassiste, et une choriste qui percussionne aussi.
    C'était leur premier concert avec ces titres là à jouer :
    Bravo ! Ils s'en sont magnifiquement bien sortis, malgré le stress qui est normal quand on fait un concert à paris et avec une nouveauté à présenter.
    Les spectateurs ont beaucoup apprécié, ils ne semblaient pas du tout chercher d'anciens titres, au contraire, chacun des nouveaux étaient applaudis... comme un ancien !
    Et puis Amar expliquait ce que chaque chanson voulait exprimer, sa ligne de paroles si on peut dire... quand il sera un peu plus habitué à cet exercice ça coulera tout seul : on peut aussi écrire « les baratins » c'est comme ça que Bill désigne ce que lui raconte entre les chansons !
    Une phrase résume bien ce qu'Amar veut faire :

    « je veux être ce que je suis là où je suis »...

    Sujet pour le bac philo ?     Surtout questionnement valable pour tous, dans son environnement, sa façon de vivre et de réagir... d'affirmer sa personnalité.
    Donc premier artiste de la soirée.
    Son album sort chez Dixiefrog, très bien entouré et encouragé par Philip Langlois le patron du label qui est tombé sous le charme de ce mélange savoureux et fort.
    Inutile d'ajouter qu'Amar est un superbe guitariste, ça fait distribution des prix : zut ! Je l'ai dit ! Trop tard ..........

    La seconde tête de la soirée était JOE LOUIS WALKER, tout autre chose, mais finalement feeling pouvant lancer des fils d'un bout à l'autre de la planète de Chicago au Désert …
    Basse- batterie d'acier et d'un solide sur lequel JL.Walker sait savoir compter, un second guitariste brillant mis en valeur par des solos et lui, JLW, guitariste déchaîné ...
    A peine un line check et :
    Rêve de tous les musiciens 3 et 4 en scène ! Sans vraiment de balance... on arrive, on se branche et on joue avec le gars aux retours qui est vert sur le premier titre, mais qui finit par être à l'aise dés le second.
    Ca chante, ça joue, un son qui n'a pas froid aux yeux déboule de derrière les fagots et c'est une petite enclave de Chicago, un Chicago imaginé, mis à la taille de l'imaginateur, qui n'existe pas et n'a jamais existé, qu'on pare de toutes belles couleurs et surtout de bons sentiments, mais qui transporte d'abord un univers de drames, de difficultés, d'abandon, de chômage, de prostitution, de solitude, de drogues et de boissons, de discrimination qu'un esprit même très sombre ne pourra jamais faire partager tout à fait, sauf peut être, à travers la musique.
    C'est simplissime dans nos têtes : on est un peu des touristes amateurs sympathiques, pour lesquels les « people next door » se donnent du mal parce que c'est comme ça qu'ils peuvent vivre de leur musique.
    On oublie à la fois ce que sont ces gens et leur histoire, et on tire un trait aussi sur ce que nous sommes dans notre vie parisiano-européenne, mais sur ces prémices sans doute fausses, on développe un grand moment sans complications, les uns jouent et y prennent plaisir, les autres écoutent, tapent dans les mains et y prennent plaisir : tout le monde est content…
    Ce qui devient du feeling, c'est quand on décide d'aller un peu plus loin de se laisser bouleverser, révolutionner par la musique et le cri, d'entrer en empathie avec ceux qui nous ouvrent à une toute autre civilisation (oui ! Oui !).
    Et sans doute qu'avec le temps, et à moins d'être bloqué dans sa tête sur un son et des poncifs (my babe she's gone, Blues ain't nothing but, a good man feeling bad) on peut s'enfoncer follement loin dans une culture vivante de chair en vie et non pas morte :

    Chaque concert pourrait tomber dans le piège fatal de la reproduction à l'identique jusqu'à la nausée, un enterrement de première classe comme disait Thiéfaine dans les meilleurs des cas, la fosse commune des mauvais autrement, avec reproductions imbéciles, bien propres sur elles, qui surtout, ne dérangent rien ni personne tout bien pareil, comme un déguisement réussi, surveillées par les ayatollahs du 12 mesures, du solo silencieux à force de ne rien raconter, de la contrefaçon tout simplement avec plus ou moins de talent pour les faussaires. Fausse monnaie, public floué, mais… voilà ici qu'apparaît la vraie et incroyable réalité de tout ça : les musiciens montent d'un ton, s'arrachent sur leurs instruments, cassent leur voix comme aux plus beaux jours, lancent leurs cris vers le plafond du NM, mais sans mépriser ceux qui sont en face d'eux, les prenant pour des partenaires à part entière, dans un échange à égalité : bonheur pour tous ceux qui repartent heureux, touchés par un fil d'or qui gonfle un peu leurs coeurs et leur permettent de sauter, un instant par dessus le glauque et l'injuste de leurs vies.
    Ce n'est pas rien de donner quelque chose comme ça à d'autres personnes c'est l'élément essentiel de l'artiste... son bâton de maréchal… « De l'argent et de l'or je n'en ai pas, mais ce que j'ai je te le donne », et voilà un solo de gratte, un chorus d’harmo, des paroles d'une simplicité biblique, une rythmique qui repose parce qu'elle prend tout ce qui pourrait tomber des tempos (tempi ?) suivis par chacun pour en faire celui de tous...
    Tout facilement à dire : c’est de la Vie.

    Il y avait des rencontres... aussi...
    Pour commencer, Jean Hervé de Nueva Onda, tourneur-producteur qui a dans sa manche plusieurs artistes avec lesquels il peut se passer tellement de choses... et comme JH et Bill semblent bien s'entendre avec une vision du métier voisine : tout peut arriver... Aussi là, puisqu'il y avait Amar Sundi, Philippe Langlois, producteur de disques depuis fort longtemps, attaché à son métier par son coté le plus vibrant (la musique ), mais le plus fragile aussi (les artistes).
    Son credo : ne pas céder devant la force des « immense moulins à vent médiatiques ». Très loin des majors coupant joyeusement les branches sur lesquelles leur pouvoir était assis... car peut être il y aura une conséquence imprévue à la crise qui retourne notre petite planète, une petite conséquence dans l'immensité des problèmes, mais tout de même... ça sent un peu le roussi pour certains.
    Si le public, dans ce grand déballage de tout et n'importe quoi, se mettait à aller aux concerts encore plus, à acheter des albums différents de ceux dont ils sont bercés.

Si par miracle les oreilles et la curiosité s'ouvraient en même temps, et rejetaient le formatage, le « ça rappelle qui, ton truc ? » qui tue en privant d'air et d'espace ceux qui n'ont que l'envie de faire très bien leur métier et de partager leur art... ce serait assez drôle de voir tomber de leurs branches les petits empereurs qui croyaient faire les goûts et les couleurs des autres et qui remplissaient leurs valises d'albums, d'émissions de télé ou de radio, bien propres, bien vulgaires quand ça peut faire « je n'ai peur de rien », bien dans le consensus, bien dans ce politiquement/religieusement/laïquement/obscurément /peureusement correct qui a fini par arriver chez nous et nous a fait couler assez profondément « mais pour remonter à la surface, il faut souvent toucher le fond, non ? »...........

    Certes, tout ceci est bien beau lui répondit Candide, mais ............... à bientôt

FLH


Contacts - Copyright ©2007 www.billderaime.com