Fonds d'écran
_____________________________________

1280x1024 | 1024x768

1280x1024 | 1024x768

Musico-chronique
_______________________________________________________________________
FLH le 6 dec.07
LA CIGALE, un 19 Novembre (suite et fin).

Pendant que les zèbres sont à se goberger joyeusement au cattering ou buffet, pendant que le vin qui arrose le sus dit buffet est bon (mais les zèbres sont très prudents avant un concert) pendant que des discussions s'engagent sur des guitares, des artistes, des chansons, Bill est seul dans sa loge.
C'est un rituel. A chaque concert il a absolument besoin d'un temps de solitude, de silence, et de repos. De la concentration.
Il s’installe : casque anti-bruit sur le crâne, deux ou trois bananes à saisir, masque sur les yeux... silenzio !
Personne n'entre plus dans la loge.
Plus tard, il se changera, avec un petit whisky en prime, pour la voix et pour le plaisir.

Mais il me semble que vous attendez toujours la vision du trottoir, le long de la Cigale, cette nuit du 19 Novembre 2007. Retournons y donc :
Maintenant il faisait nuit.
La pluie « sur les carreaux inspire les vrais artiste » toutefois, avec le froid, les grèves, les marches à pied dans Paris, il y avait peu de « romantisme ».
A mi-chemin de l’escalier, là où on voit dehors...

Ah ! Soulagement, respiration, détente : il y a du monde qui fait la queue, sans broncher, sans supplier qu'on ouvre et donc la sécurité ouvre gentiment avec un peu d'avance : certains vont directement dans la jolie salle, d'autres au bar, d'autres restent dans le hall. Courir dire qu'il y a du monde ne prend qu'un instant, et l'idée ne vient pas que peut être ceux qui sont là seront les seuls à braver les transports en commun inexistants... les intempéries : je décris un tsunami mais avant un concert, tout est un tsunami, spécialement ce qui n'en n'est pas un.
Les musiciens sont en train de se dévêtir et de se revêtir : un moment un peu à eux, plus personne n'est là pour les distraire, ils sont dans leur tanière de loge.
Bill a ouvert la porte de sa loge au rez-de-chaussée et on peut venir lui prendre un peu de boisson alcoolisée.
Dans la salle on entend « Toots and the Metalls » qui est choisi par la famille. Pas le temps de se disperser : à la Cigale les concerts doivent finir impérativement à 22h30.
Le concert à 20 heures, rideau à 22h30, entracte ? Mission impossible oui c'est bien ça : impossible. Bien entendu, ce mot n'appartenant pas au vocabulaire Zébrique, la donne allait changer ce soir là.

A 20 h (+ 1 ou 2 minutes), Pierre fait l'entrée en scène.
Et c'est vraiment magnifique :
Soit que les spectateurs aient attendus longtemps.
Soit qu'après des heures de transports ils voulaient défouler leurs poumons en chantant.
Soit qu'ils soient tout simplement heureux d'être là et de partager ces 2 petites heures avec Bill et les Zèbres.
Soit qu'il y ait encore bien d'autres possibilités que je ne vais pas explorer.

Dés que les Zèbres ont mis les pieds sur la scène : envolée.
Petits pas pour eux, grand pas vers la musique pour les autres comme on a dit.
« Et puisque les choeurs ouvrent le cœur », Eh bien :
Quelqu'un appelle… chanson traditionnellement posée en portail des concerts.
Liste spéciale et particulièrement intéressante, compacte, mais aérée pour donner de la place à des chorus et soli. De « Pauvre de moi » (aouhhhhhhhhaouhhhhhhhhhhhhhh) à « Plus la peine de frimer » qui rebondit sur « Qu'est ce que tu vas faire ? » pour arriver à « Esclaves ou exclus », et puis qui bifurque vers « Dis-moi encore » une toute nouvelle chanson où la voix devient murmure raisonné mais prête à exploser… et où la qualité de l'écoute est ravageuse. Titres anciens, nouveaux ou semi-nouveaux ou semi-anciens : du mixage ensemble pas du tout artificiel et les lumières sont d’acier.
Je vous ai dit que Philippe Léger et Bill se connaissaient bien, le son est parfait, ne vous ai-je pas dit aussi que JMK et Bill sont ensemble depuis 20 années.
Le son sera d'ailleurs un grand motif de satisfaction, parce qu'on comprend toutes les paroles et les habitués se font des remarques lorsque les paroles ont été retravaillées…
Sur la scène, Bill, entouré de ses Enormes « Retours » pour bien s'entendre, Eh bien ma foi, s'entend très bien, ce qui lui donne du plaisir à chanter et à laisser monter du moi secret cette voix si étonnante qu'il a tellement fait mûrir.
Maintenant vous me croirez quand je disais que Laurent Wendling était indispensable.

Et puis…
Les 4 Zèbres, The Magnificent Zebras, quant à eux, spécialement impériaux ce soir là (royaux serait vraiment cheap pour ce qu'ils ont donné). Chorus de folie pour Mauro Serri, qui fait penser qu'on ne l'a jamais entendu jouer avant ce concert précis car il ne se répète jamais. Soli passionnant, virtuoses certes, mais feeling également, pour David Hadjadj, qui ferme les yeux mais déploie ses doigts sur ses claviers avec une frappe diabolique (musique du Diable !!)
Monstrueux chorus de Batterie de Stéphane Pijeat, qui fait vibrer toute la salle et qui en redemande.
Belles, bonnes, précises et rondes basses de Denis Ollive, dont c'est le deuxième concert, et qui est déjà enraciné dans l'histoire... soutenant toute la structure.

Et ainsi passe la première partie qui se clôt avec « Babylone tu déconnes ». Paroles et thèmes tellement d'actualité que cette chanson pourrait avoir été écrite et composée hier.

Lumières : Entracte...

Changement d'habit (il fait chaud sur scène).
Gouttelette goulue pour se détendre la gorge car désormais tous les Zèbres chantent et ces choeurs (les fameux choeurs qui ouvrent le coeur) participent grandement à l'élaboration d'un beau concert.

Retour sur scène :
Pierre refait l'entrée guidage des Zèbres pour que pas un ne se prenne dans un câble, ne tombe, ne se fracasse et que le concert ne soit pas annulé (qu'est ce que j'avais dit plus haut sur Pierre?)
La pause a été assez longue pour reposer la voix et les doigts, assez courte pour ne pas perdre l'énergie (positive) qui était là.

Du bon vieux Blues « Je m'sentais mal », chorus magique, à Ballade reggaeisante « Je rêve », et le silence dans la salle laisse percevoir qu'elle rêve aussi, dans les lumières accompagnantes et la précision du son précis qui porte voix et instruments aux bouts de doigts de JMK (à quoi pourrait bien servir un son de scène d'acier si le son de salle est médiocre, pour ne pas dire nul ?) « Faut que j' me tire ailleurs » encore un tout nouveau titre « Quand l'avion » peu joué sur scène, récent, il est dédicacé à des amis de Bill (Yan et Joel pilotes de ligne) et à NDL... comprenne qui pourra, ça fait partie des clins d'oeil et des plaisanteries privées. Et là... on tombe, on glisse, on se fendille, on s'electrochoque. Au secours ! « Entre deux eaux » et son intro qui roule pharamineusement une fois, deux fois, trois fois, on ne compte plus, on est foudroyé : impossible de se souvenir de la première phrase, impossible, totalement irrémédiablement, sans secours ni recours. La fin est proche. Tout le monde se regarde, qui va sauver la chanson, la soirée et la vie ? Bill fait signe à Pierre, car Pierre détient la lourde charge de suivre les paroles dans un cahier ad hoc et de venir souffler quand Bill a trou d'air. Mais pauvre Pierre de pauvre Pierre, cette chanson là n'est pas dans le guide du souffleur. Bill trop persuadé de la connaître a fait l'impasse...
Second virage dans les tribunes, pas d'arrêt au stand : impossible !
Et voilà le sauvetage en mer : un spectateur souffle de la salle, « sous les applaudissements » du public qui le fête, le spectateur reste modeste et Bill poursuit la chanson dont l'intro a bien duré 3 minutes… Chorus ! Soli ! Furie ! Volcanisation des interventions !

La salle est joyeuse et transfigurée, car les chorus et les soli qui se répondent s'unissent dans un même mouvement vers la musique et non pas vers quelque ego que ce soit : chaque zèbre prend en compte l'autre zèbre qui fait son chorus sans lui couper la parole laissant finir la phrase ou l'image que l'autre veut offrir. C'est très fort d’en arriver là, et de ne pas s'écouter jouer (ou chanter) dans une telle ambiance... The Magnificent Zebras... chapeau bas !

Le concert se referme avec « Bouger » ce que tout le monde fait sans complexe. Bill a du sauter quelques titres. C'est « la fin du p'tit concert ».

La salle se vide assez vite car en bas il paraît qu'il reste quelques CD ceux dont j'avais dit qu'ils seraient en vente à la Cigale mais l'entracte a presque vidé le petit stand.
Car ce sont ces titres là, qui sont sur ce CD, qui ont été joués, les nouvelles versions, acoustico-électriques, avec des choeurs magiques, et la voix de Bill.
Nombreux sont ceux qui veulent garder un souvenir à partager de ce concert là.
Les guitares ont leurs sangles trempées, elles se retrouvent à l'abri dans leurs étuis, le démontage est rapide. Bill va au bar à son tour.
Rendez-vous pour le dîner à la Nouvelle Athènes.

Sur le boulevard de Rochechouart, il n'y a plus personne devant la Cigale il ne pleut plus, il fait presque moins froid, des néons marquent l'ambiance Pigelesque du coin, des touristes pressent le pas.

Paris. Automne. Nuit. Concert accompli.
Bonne Nuit !

FLH


Contacts - Copyright ©2007 www.billderaime.com